[Multiplicité perceptive]->

Quand j’avais 17 ans, à Bogotà, je suis entré par curiosité et par hasard dans une très belle maison abandonnée, en cours de démolition. Les murs étaient déjà un peu détruits mais on pouvait encore y voir de beaux dessins, des installations réalisées sûrement par de jeunes artistes. Chaque chambre était très différente dans sa conception plastique. Certains travaux étaient déjà un peu effacés par la pluie ou avalés par les décombres. Je suis resté plusieurs heures tout seul dans cette maison, j’observais. Une fois la nuit tombée, je pensais à ma solitude dans ce contre espace. A la beauté des décombres. Et j’imaginais la possibilité de construire une expérience et un espace musical semblable.

 Ce souvenir, assez lointain, reste pourtant très vivace, et pertinent pour définir les enjeux artistiques de plusieurs travaux que j’ai pu réaliser depuis 2001.

Je cherche toujours  dans mes créations, à établir plusieurs chemins et parcours, pour construire une musique à dimensions multiples, insaisissable d’un seul point de vue ou d’écoute. Une musique qui se construirait dans l’intimité de chaque spectateur en stimulant sa mémoire, une musique qui confère au public un rôle actif et important dans la construction perceptive de l’ouvre.

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